Maladies des arbres fruitiers

Lanigère :

Développement d’une colonie de pucerons lanigères

dans une fissure d’un tronc de pommier; la cire laineuse

blanchâtre est typique.

Puceron du pommier introduit d'Amérique du Nord en Europe à la fin du XVIII e siècle, facilement reconnaissable par son revêtement floconeux blanc.

Il hiberne sur les racines des pommiers et n'apparait qu'à la fin du printemps sur les drageons du pied ou du porte greffe et monte sur les charpentières en envahissant le pédoncule des feuilles.

Ses piqûres nuisent à la croissance de l'arbre et provoque des excroissances.

 

Les pucerons lanigères s’attaquent aux parties ligneuses de l’arbre, aux fleurs et aux jeunes pousses pour y extraire la sève.

Suite à leurs piqûres et à l'injection d'une salive toxique, les feuilles se crispent et s'enroulent. Les rameaux se couvrent de boursouflures et de chancres pouvant atteindre la grosseur d'une noix et empêchant la bonne circulation de la sève.

La pruinosité abondante peut tacher les fruits. Les arbres atteints peuvent mourir s'ils ne sont pas traités.

Protégés par ces cirres, ce puceron est difficilement atteint par les insecticides classiques.

 

Traitements biologiques[modifier]

  • Les pucerons entrainent chez les plantes des déformations très disgracieuses. Un des traitements les plus écologiques et de pulvériser du savon noir dilué à 5%. En effet le savon noir étant alcalin, celui-ci agit comme un excellent répulsif sans pour autant endommager la plante. Il faut bien choisir du savon noir sans colorant, parfum et sans ingrédient synthétique ajouté. A exclure tous les savons noirs de supermarché qui sont composés d'ingrédients synthétiques pour des raisons de couts.
  • Éliminer les fourmis car les pucerons sont très souvent "élevés" par les fourmis pour le miellat de pucerons. Produits à base de pyréthrine naturelle. Pour cela, un anneau de glu renouvelé est suffisant pour stopper la circulation.
  • On peut aussi utiliser une petite guêpe Aphelinidae (Aphelinus mali) qui pond ses œufs dans le corps d’un puceron, et dont la larve dévore celui-ci. La présence de ce prédateur est favorisée par la culture de phacélie à proximité du verger.
  • Ou encore la Coccinellidae (coccinelle), également prédatrice de ce nuisible. Ces insectes survivent facilement en Europe où ils sont assez répandus. Les forficules (perce-oreilles) semblent être également de bon auxiliaires dans la lutte contre ce puceron.
  • les capucines forment une bonne couverture vivante du sol, que l'on sème autour des arbres, à l'aplomb de la périphérie de la couronne des pommiers, dans les zones menacées par le puceron lanigère, ce qui a aussi une importance en tant que régulateur du métabolisme subtil de la vie du sol et des plantes. Le jus fraîchement pressé des feuilles de capucine se caractérise par une forte odeur piquante et sert à chasser le puceron lanigère. Humidifier les emplacements atteints avec le jus. Source : "Utilisation des plantes aromatiques et médicinales en agriculture"

    Traitements chimiques[modifier]

    Au printemps, produit à base de pyrimicarbedeltaméthrine ou bifenthrine (résiste au vamidothion). Après la chute des feuilles appliquer une huile d'hiver.

    Pour éviter l'infection du pommier, le plus simple est d'utiliser des porte-greffes résistants tels que le MM.106, MM111 et M116.

    De même, en temps qu'insecticide issu d'une fermentation naturelle, le purin d'ortie en pulvérisation sur l'arbre peut s'avérer utile contre le développement de cette gangrène du pommier.

    En complément, certains jardiniers préconisent également d'étouffer le puceron en versant de l'huile de colza sur les zones infectées de façon à engluer le puceron et le couper du contact de l'air.

Les porte-greffes francs y sont très sensibles. Une série de porte-greffes à été sélectionné pour sa résistance au puceron lanigère à partir du pommier "Nothern Spy" qui offre une barrière génétique totale à cet insecte.

 

Moniliose :

Moniliose sur le coing

 

La moniliose fait partie des maladies très répandues dans nos vergers. On en constate les effets à l'été, lorsque les fruits encore sur l'arbre pourrissent, en portant des taches noires ornées de cercles concentriques et/ou de pustules blanches. La lutte est principalement préventive : voici la conduite à tenir.

pommes atteintes par la monilioseLa moniliose est due à l'action d'un champignon microscopique : monilia fructigena principalement sur les fruits à pépins; monilia laxa sur les fruits à noyaux.

Ce champignon hiverne dans les plaies des arbres (chancres), les fruits momifiés restant accrochés aux branches, les fleurs séchées ou les fruits pourris restés au sol.

Il est disséminé par le vent, la pluie et les insectes, et s'attaque ensuite aux organes blessés de l'arbre, que ce soit les fleurs abimées, ou les fruits blessés (par la grêle, les piqûres de guêpes, les coups de bec des oiseaux, les morsures d'insectes divers...).

On constate que les attaques sont particulièrement importantes lorsqu'il pleut pendant la floraison.

La lutte est préventive; lorsque l'attaque a démarré, il est seulement temps de prendre des mesures qui limiteront la propagation ultérieure.

fruits momifiésLes taches brunes et les fameux cercles apparaissent sur les fruits atteints. Ces derniers peuvent alors tomber au sol, ou bien se dessècher complètement et rester accrochés à l'arbre.

Ces fruits doivent impérativement être éliminés ! Vous devez les ramasser ou les faire tomber de l'arbre, et en aucun cas les laisser sur place. Brûlez-les, ou jettez les.

On ne le répètera jamais assez : il est important d'éclaircir les arbres fruitiers s'ils portent une récolte trop abondante. Cela revient (la mort dans l'âme...) à supprimer une partie des fruits encore jeunes, pour éviter qu'ils ne soient trop au contact les uns des autres et également que l'arbre ne s'épuise.

L'état sanitaire des arbres fruitiers doit être contrôlé. Il faut notamment appliquer sérieusement les traitements d'hiver. Une pulvérisation de bouillie bordelaise à la chute des feuilles ne peut pas nuire. Veillez également à supprimer régulièrement bois mort et mousses, qui forment des refuges parfaits pour ce parasite.

 

Oïdium :

 

Débourrement irrégulier des bourgeons d’un rameau

infecté par l’oïdium du pommier la saison précédente.

Le roussissement réticulaire de l’épiderme des pommes

est la conséquence d’une attaque d’oïdium sur les

ovaires en fin de floraison. Les lignes brunâtres

liégeuses marquent le passage des filaments du

champignon sur les tout jeunes fruits.

Infection primaire. Abondant développement du

mycélium et des fructifications (oïdies) de l’oïdium du

pommier à la surface des feuilles issues d’un bourgeon

terminal infecté l’été précédent.

Maladie des végétaux communément appelé " maladie du blanc" due à un champignon parasite spécifique de chaque espèce : Podosphaera leucotrica chez les pommiers, poirier, cognassier, Podosphaera tridactyla chez l'abricotier, Uncinula necator chez la vigne, Spaerotheca pannosa chez le pêcher... Son feutrage blanc est caractéristique. L'oïdium est un ectoparasite, qui se développe sur les plantes pendant les périodes chaudes peu humides. L'oïdium contamine d'abord les extrèmités avant de recouvrir les rameaux et les fruits qui se craquellent. Le soufre est le produit le plus connu pour lutter contre l'oïdium.

 

Tavelure :

 

 

 

la tavelure, un groupe de maladies cryptogamiques, notamment sur pommiers, pruniers, poiriers et oliviers

La tavelure du pommier est la principale maladie du pommier (genre Malus). Elle est causée par un champignon ascomycète nommé Venturia inaequalis (dont il existe différentes souches) causant des lésions noires ou brunes à la surface des feuilles, des bourgeons ou des fruits et parfois même sur le bois. Les fruits et la partie inférieure des feuilles y sont spécialement sensibles.

La maladie est favorisée par un climat humide au moment du débourrement qui permet une grande diffusion des germes nocifs. La période critique dure pendant les 8 à 10 semaines qui suivent le débourrement avec un pic au moment de la chute des pétales des fleurs qui forme des points d'entrée pour le champignon.

La maladie tue rarement son hôte mais peut réduire significativement (jusqu'à 100%) la qualité et la production des fruits en l'absence de traitement fongicide.

Avec le temps, et suite à l'utilisation des traitements fongicides, des mutations du champignon responsable ont eu lieu et on compte aujourd'hui sept races différentes de tavelure du pommier.

Le cycle d'infection commence au printemps, lorsque les températures et le taux d'humidité favorisent la libération des ascospores de Venturia inaequalis en hibernation dans la litière de feuilles entourant les arbres. Ces spores sont portées par le vent à la surface d'un arbre vulnérable, où elles germent et forment un tube de germinatif qui pénètre se différencie en appressorium. Celui-ci permet la pénétration de la cuticule cireuse de la plante. Un mycélium fongique se forme entre la cuticule épidermique et les tissus sous-jacents. Il apparaît initialement sous forme de tache jaune qui s'étend, son centre devient une lésion noire qui est sporulante, elle libère des conidies fraîches qui germent sur d'autres zones d'accueil de l'arbre. Une nouvelle génération conidiale de spores peut alors se mettre en place.

Ce cycle d'infections secondaires se poursuit tout au long de l'été, jusqu'à ce que les feuilles et les fruits tombent de l'arbre au début de l'hiver. Durant l'hiver, V. inaequalis subsiste essentiellement sous forme de périthèces dans la litière de feuilles mortes tombées au sol autour de la base de l'arbre, en produisant une nouvelle génération d'ascospores qui sont libérées au printemps suivant.

Les lésions situées sur les tissus ligneux ne seront pas soumis à un cycle de reproduction sexuée en hiver mais pourront produire des spores infectieuses au printemps suivants.

Dans les petits jardins familiaux, là où de nombreux traitements systématiques ne sont pas envisageables, l'utilisation de cultivars peu susceptibles ou génétiquement résistants aux races communes de tavelure est la seule solution sérieuse. Il faut toutefois prévoir au moins un traitement annuel lors du débourrement.

La meilleure prévention est le contrôle des feuilles qui tombent à l'automne. L'utilisation de l'urée à 5% avant la chute des feuilles, en automne, supprime l'éjection d'ascospores et augmente les rendements l'année suivante. À 6%, l'urée a un effet néfaste sur les feuilles, affectant l'équilibre du magnésium dans l'arbre. Le moment critique pour le traitement à l'urée est après la récolte des fruits mais avant la chute des feuilles. L'arrosage à 5% doit être fait à moins d'une semaine de la chute des feuilles pour un maximum d'efficacité. Il est important de ne pas appliquer l'urée trop tôt de crainte de nuire à l'aoûtement des arbres. Certains auteurs soulignent en fait l'apport bénéfique de l'azote à cette période. Une deuxième application sur le sol au printemps à 2% d'urée assure qu'il n'y ait aucune éjection des périthèces matures.

En agriculture biologique, au lieu d'utiliser de l'urée, on peut utiliser de l'urine. L'urine de vache contient justement la proportion idéale de 4 à 5% d'urée. Gupta (1989) a obtenu 100% de réduction de la décharge d'ascospores avec de l'urine de vache pure ou diluée de moitié. Une plus grande dilution était moins efficace. Comme pour l'urée, l'application d'automne d'urine réduit la production d'ascospores, le développement des périthèces et améliore la décomposition des feuilles.

L'urine humaine (2,3% d'urée) peut également être utilisée. Hills (1983) recommande d'épandre l'urine sur les feuilles tombées et de tondre pour réduire la grosseur des feuilles, ce qui devrait attirer les vers pour la décomposition.

Une solution consiste également à alterner variétés sensibles et résistantes au sein d'un même verger pour réduire le potentiel de dissémination de l'inoculum.

Au moment du débourrement (lorsque les bourgeons on bien grossis et sont prêts à s'ouvrir), un traitement au cuivre (type bouillie bordelaise) est recommandé. Une deuxième pulvérisation lorsque les fruits ont la taille d'un noyau de cerise est utile mais peut abîmer les feuilles et les fruits (surtout en cas de forte chaleur consécutive à la pulvérisation) et est moins efficace que le soufre mouillant d'un fongicide tel que la bouillie nantaise.

Avant et après la floraison, l'application d'un produit à base de soufre doit être répétée toutes les 2 à 3 semaines (chaque semaine en cas de forte pluie) jusqu'à la mi-juillet.

Certains producteurs biologiques soutiennent que des pulvérisations de purin d'ortie, de décoction de prêle ou des extraits d'algues marines renforcent la résistance du feuillage, mais aucune donnée scientifique ne confirme cette prétention.

Dans les vergers infectés, on conseille d'intervenir après la chute des feuilles en fin d'automne ou jusqu'au printemps mais avant le débourrement des bourgeons pour éliminer les feuilles au sol. Ceci réduira le nombre d'ascospores présentes et la possibilité d'infection des nouveaux tissus.

 

 

 

 

 


Ajouté le 08/04/2012 par Les Amis du Verger -